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	<title>Chanson Française &#8211; Cahiers de critiques Musicales</title>
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	<description>Le Blog d&#039;OldClaude</description>
	<lastBuildDate>Sun, 28 Apr 2019 17:31:36 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Chanson Française &#8211; Cahiers de critiques Musicales</title>
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	<item>
		<title>Qu&#8217;est-Ce Que C&#8217;est Beau !, Ramon Pipin Band</title>
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		<dc:creator><![CDATA[OldClaude]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Apr 2019 07:54:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Années 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[2019]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson Française]]></category>
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					<description><![CDATA[Ramon Pipin fait tout à l&#8217;envers. La plupart des grands musiciens qui œuvrent dans le domaine de la musique populaire sont géniaux à 20 ans, psittacistes à 40 et pitoyables à 60. Eh bien, Ramon, non content de produire deux albums d&#8217;excellente tenue en l&#8217;espace de quelques dizaines de mois*, et sans oublier qu&#8217;il avait [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="ttr_start"></div>
<p>Ramon Pipin fait tout à l&#8217;envers. La plupart des grands
musiciens qui œuvrent dans le domaine de la musique populaire sont géniaux à 20
ans, psittacistes à 40 et pitoyables à 60. </p>



<p>Eh bien, Ramon, non content de produire deux albums
d&#8217;excellente tenue en l&#8217;espace de quelques dizaines de mois*, et sans oublier
qu&#8217;il avait été silencieux depuis des lustres, nous offre tout simplement avec
&#8220;Qu&#8217;Est Ce Que C&#8217;est Beau&#8221;**, la meilleure chanson qu&#8217;il ait jamais
écrite, et probablement une de celles qui seraient à épingler au firmament de
la Chanson Française.</p>



<p>Ramon Pipin héritier de Georg Friedrich Haendel, qui l&#8217;eût
cru ? Mais c&#8217;est, en effet, une inspiration venue du baroque qui illumine
l&#8217;extraordinaire cadence dont le Quatuor Psoriasis nous gratifie. Il convient
d&#8217;abord d&#8217;en citer les exécutants : Anne Gravoin au premier violon, David
Braccini au second violon, Béatrice Muthelet à l&#8217;alto et Cyril Lacrouts au
violoncelle. Ces cordes magiques vont être la colonne vertébrale de la chanson,
loin des arrangements de violons sirupeux (et &#8220;romantiques&#8221;) de la
musique moderne, qui ne les admet, le plus souvent, qu&#8217;en &#8220;accompagnement&#8221;.
Il faut en remercier Vince Turquoiz, responsable de la Direction Musicale*** et
des orchestrations, véritable bras droit de Ramon Pipin, dans cette affaire.</p>



<p>Le piano de Michel Amsellem se range vite derrière leur
rythme impérieux, secondé par la basse de Marc Périer. Dès le 2ème couplet, la
rigoureuse batterie de Franck Amand nous rappelle qu&#8217;on est bien dans le champ
du rock n’roll.</p>



<p>Puis arrive le mariage royal de ces cordes baroques et de la
guitare distordue de Brice Delage, et c&#8217;est un mariage parfaitement bien
assorti, n&#8217;en déplaise aux puristes.</p>



<p>Le 4ème et dernier couplet est introduit par un pont vocal
et instrumental, avec une slide guitar qu&#8217;on doit à Stéphane Daireaux, et la
fin nous surprend alors qu&#8217;on aurait bien aimé que ça aille au-delà des 3
petites minutes et demie qui sont, ici, passées bien trop vite.</p>



<p>Par dessus cette splendide assise instrumentale, il y a les
voix, et d&#8217;abord la voix de Pipin, sans doute pas le plus grand chanteur du
monde, mais, je suis prêt à le parier, honnête, sans tricherie, sans production
flatteuse et mensongère, sa vraie voix. Les choristes jouent un rôle essentiel,
et, outre lui-même, on y entend les voix de Clarabelle, du regretté Marco
Beacco, et de Pierre Sangra.</p>



<p>Tout ébloui, j&#8217;ai à peine accordé de l&#8217;attention aux paroles
de cette chanson, et elles méritent pourtant qu&#8217;on s&#8217;y arrête, en se demandant
de quelles bonnes grosses vannes il va nous régaler aujourd&#8217;hui.</p>



<p>Perdu. Ramon Pipin n&#8217;est plus dans Ramon Pipin, car QQCB est
une chanson d&#8217;émerveillement, la chanson d&#8217;un homme qui regarde le monde les
yeux grands ouverts, et qui voit de l&#8217;intérêt, et parfois de la beauté dans des
choses que nous ne remarquons même plus. Il rend un discret hommage au tableau
de Courbet que posséda Lacan, il associe, dans un vertigineux raccourci social,
une concierge et un cardinal. Ancré dans la culture du siècle précédent, il
évoque Chaplin et Queen plus facilement que les héros du jour, et, de parolier,
se transforme facilement en scénariste avec ces images fortes de corps inerte
et de foules renversant un dictateur. Le dernier couplet semble transporter des
images plus personnelles, opposant une vie qui arrive, et une autre qui s&#8217;éteint.
Sans doute mal à l&#8217;aise de s&#8217;être fait prendre au piège de l&#8217;émotion, Ramon
évacue tout ce qui précède en l&#8217;affublant de l&#8217;épithète « tissu de conneries ». Mais, trop tard, Ramon, on sait bien que
malgré ton « tchao », tu ne rendras les armes
que quand tu ne pourras pas faire autrement. Et c&#8217;est tant mieux.</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Ramon Pipin. &quot;Qu&#039;est-ce que c&#039;est beau&quot;" width="768" height="432" src="https://www.youtube.com/embed/T_Q01AhNvuk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>*<em>Comment Éclairer Votre Intérieur</em> (2016) et <em>Qu&#8217;est-Ce Que C&#8217;est Beau</em> (2019)</p>



<p>**chanson-titre d&#8217;un indispensable album, dont je laisse à
d&#8217;autres le soin de vanter les mérites.</p>



<p>***Ce qu’ailleurs on nomme co-producteur, en compagnie de
Jean-Marc &#8220;Maz&#8221; Pinaud</p>
<div class="ttr_end"></div><p><a class="a2a_button_facebook" href="https://www.addtoany.com/add_to/facebook?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fquest-ce-que-cest-beau-ramon-pipin-band%2F&amp;linkname=Qu%E2%80%99est-Ce%20Que%20C%E2%80%99est%20Beau%20%21%2C%20Ramon%20Pipin%20Band" title="Facebook" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_button_mastodon" href="https://www.addtoany.com/add_to/mastodon?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fquest-ce-que-cest-beau-ramon-pipin-band%2F&amp;linkname=Qu%E2%80%99est-Ce%20Que%20C%E2%80%99est%20Beau%20%21%2C%20Ramon%20Pipin%20Band" title="Mastodon" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_button_email" href="https://www.addtoany.com/add_to/email?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fquest-ce-que-cest-beau-ramon-pipin-band%2F&amp;linkname=Qu%E2%80%99est-Ce%20Que%20C%E2%80%99est%20Beau%20%21%2C%20Ramon%20Pipin%20Band" title="Email" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_dd addtoany_share_save addtoany_share" href="https://www.addtoany.com/share#url=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fquest-ce-que-cest-beau-ramon-pipin-band%2F&#038;title=Qu%E2%80%99est-Ce%20Que%20C%E2%80%99est%20Beau%20%21%2C%20Ramon%20Pipin%20Band" data-a2a-url="https://cahierscritiquesmusicales.com/blog/quest-ce-que-cest-beau-ramon-pipin-band/" data-a2a-title="Qu’est-Ce Que C’est Beau !, Ramon Pipin Band"></a></p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Déjà Deux Siècles&#8230; 89&#8230;, Jean-Louis Murat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[OldClaude]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Apr 2019 07:50:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Années 80]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[1989]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson Française]]></category>
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					<description><![CDATA[C&#8217;est avec Cheyenne Autumn que j&#8217;ai entendu Murat pour la première fois*, même si la carrière de l&#8217;artiste était à la fois ancienne et très confidentielle, et si certains titres de l&#8217;album étaient parus en &#8220;singles&#8221;. Je me souviens avoir beaucoup écouté et apprécié cet album, en 1989, même si on peut le trouver un [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="ttr_start"></div>
<p>C&#8217;est avec <em>Cheyenne
Autumn</em> que j&#8217;ai entendu Murat pour la première fois*, même si la carrière
de l&#8217;artiste était à la fois ancienne et très confidentielle, et si certains
titres de l&#8217;album étaient parus en &#8220;singles&#8221;. Je me souviens avoir
beaucoup écouté et apprécié cet album, en 1989, même si on peut le trouver un
peu &#8220;daté&#8221; aujourd&#8217;hui. Les textes et la musique sont assez réussis,
mais les arrangements et l&#8217;instrumentation à base de boîtes à rythme et de
synthétiseurs font souvent pencher l&#8217;affaire vers une variété un peu facile. Il
m&#8217;a donc été facile d&#8217;extraire du lot ce &#8220;Déjà Deux Siècles&#8230; 89&#8230;&#8221;
qui ne souffre pas de ces défauts.</p>



<p>À peine
2 minutes d&#8217;un hommage à l&#8217;évènement dont on célébrait le bicentenaire en 1989,
mais les mots et la musique sont forts. Le petit Yan pleure, pour commencer, et
pleure encore plus à la fin de la chanson, mais entre les deux, Jean-Louis nous
murmure un texte d&#8217;autant plus beau qu&#8217;il se réfugie dans une obscurité
poétique dont le sens exact ne nécessite pas un dévoilement. Mais les mots
prononcés (heureux, jeunesse, sang, forteresse, noble, rebelle, fin de la
tristesse&#8230;) font naître suffisamment d&#8217;images pour que le moment
révolutionnaire en devienne resplendissant. Quant à la musique, elle s&#8217;articule
autour des notes de la basse, avec cette idée astucieuse que les notes graves
indiquent&#8230; la gravité. L&#8217;hommage est beau et réussi. </p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Déjà deux siècles 89 (2019 Remaster)" width="768" height="576" src="https://www.youtube.com/embed/vJRnKfwf5l0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>*Mais pas la dernière ! Voir &#8220;Le Lien Défait&#8221;.</p>
<div class="ttr_end"></div><p><a class="a2a_button_facebook" href="https://www.addtoany.com/add_to/facebook?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fdeja-deux-siecles-89-jean-louis-murat%2F&amp;linkname=D%C3%A9j%C3%A0%20Deux%20Si%C3%A8cles%E2%80%A6%2089%E2%80%A6%2C%20Jean-Louis%20Murat" title="Facebook" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_button_mastodon" href="https://www.addtoany.com/add_to/mastodon?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fdeja-deux-siecles-89-jean-louis-murat%2F&amp;linkname=D%C3%A9j%C3%A0%20Deux%20Si%C3%A8cles%E2%80%A6%2089%E2%80%A6%2C%20Jean-Louis%20Murat" title="Mastodon" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_button_email" href="https://www.addtoany.com/add_to/email?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fdeja-deux-siecles-89-jean-louis-murat%2F&amp;linkname=D%C3%A9j%C3%A0%20Deux%20Si%C3%A8cles%E2%80%A6%2089%E2%80%A6%2C%20Jean-Louis%20Murat" title="Email" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_dd addtoany_share_save addtoany_share" href="https://www.addtoany.com/share#url=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fdeja-deux-siecles-89-jean-louis-murat%2F&#038;title=D%C3%A9j%C3%A0%20Deux%20Si%C3%A8cles%E2%80%A6%2089%E2%80%A6%2C%20Jean-Louis%20Murat" data-a2a-url="https://cahierscritiquesmusicales.com/blog/deja-deux-siecles-89-jean-louis-murat/" data-a2a-title="Déjà Deux Siècles… 89…, Jean-Louis Murat"></a></p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Sur Un Trapèze, Alain Bashung</title>
		<link>https://cahierscritiquesmusicales.com/blog/sur-un-trapeze-alain-bashung/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[OldClaude]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Feb 2019 08:48:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Années 2000]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[2008]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson Française]]></category>
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					<description><![CDATA[Lorsqu&#8217;est arrivé dans les bacs Bleu Pétrole, il restait à Alain Bashung un peu plus de 11 mois à vivre. Rompant avec les deux albums studio précédents, Fantaisie Militaire (dont je vous ai abondamment parlé) et l&#8217;Imprudence (album difficile et austère, dont je ne vous ai pas parlé), Bleu Pétrole, produit par l&#8217;Américain Mark Plati, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="ttr_start"></div>
<p>Lorsqu&#8217;est arrivé dans les bacs <em>Bleu Pétrole,</em> il restait à Alain Bashung un peu plus de 11 mois à
vivre.</p>



<p>Rompant avec les deux albums studio précédents, <em>Fantaisie Militaire</em> (dont je vous ai
abondamment parlé) et <em>l&#8217;Imprudence</em>
(album difficile et austère, dont je ne vous ai pas parlé), <em>Bleu Pétrole, </em>produit par l&#8217;Américain
Mark Plati, &nbsp;revient vers la forme plus
&#8220;classique&#8221; d&#8217;une chanson française mâtinée de rock ; Bashung n&#8217;y a
qu&#8217;un rôle ─
admirable ─
d&#8217;interprète, et s&#8217;en remet, pour l&#8217;écriture, à Gérard Manset, mais également à
Gaëtan Roussel, en rupture de Louise Attaque, auteur-compositeur de &#8220;Sur
Un Trapèze&#8221;.</p>



<p>Je m&#8217;étais permis, à la lumière d&#8217;une analyse des textes de <em>Fantaisie Militaire*</em> de mettre en
évidence ce que je pensais être les sous-entendus autobiographiques de cet
album essentiel. Rien de tel avec <em>Bleu
Pétrole </em>; Alain est un homme, sinon serein et apaisé, du moins rassuré
quant à ses options affectives et amoureuses, et cet album est celui d&#8217;un artiste
qui n&#8217;a plus rien à prouver, tout simplement parce qu&#8217;il est arrivé au sommet
de son art.</p>



<p>C&#8217;est ainsi que &#8220;Sur Un Trapèze&#8221;, porté par la
guitare inspirée de Gaëtan Roussel, mais dans laquelle interviennent de
nombreux musiciens, (dont Marc Ribot) est une sorte de ballade folk sans
prétention, suggérant à petites touches la précarité ou l&#8217;équilibre difficile (« Et que l&#8217;on tient tous
les deux sur un trapèze »)
de la plupart des situations humaines, tout en nommant l&#8217;une des seules
richesses apte à faire face aux «
pirates [qui] nous assiègent »,
c&#8217;est-à-dire « Et
que notre amour, c&#8217;est le trésor ».
Oui, en 2008, Bashung était encore confiant en l&#8217;avenir.</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio wp-embed-aspect-16-9"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Alain Bashung - Sur Un Trapèze" width="768" height="432" src="https://www.youtube.com/embed/9sN4vBuQNGw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>*Voir mes chroniques &#8220;La Nuit Je Mens&#8221; et
&#8220;Angora&#8221;.</p>
<div class="ttr_end"></div><p><a class="a2a_button_facebook" href="https://www.addtoany.com/add_to/facebook?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fsur-un-trapeze-alain-bashung%2F&amp;linkname=Sur%20Un%20Trap%C3%A8ze%2C%20Alain%20Bashung" title="Facebook" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_button_mastodon" href="https://www.addtoany.com/add_to/mastodon?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fsur-un-trapeze-alain-bashung%2F&amp;linkname=Sur%20Un%20Trap%C3%A8ze%2C%20Alain%20Bashung" title="Mastodon" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_button_email" href="https://www.addtoany.com/add_to/email?linkurl=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fsur-un-trapeze-alain-bashung%2F&amp;linkname=Sur%20Un%20Trap%C3%A8ze%2C%20Alain%20Bashung" title="Email" rel="nofollow noopener" target="_blank"></a><a class="a2a_dd addtoany_share_save addtoany_share" href="https://www.addtoany.com/share#url=https%3A%2F%2Fcahierscritiquesmusicales.com%2Fblog%2Fsur-un-trapeze-alain-bashung%2F&#038;title=Sur%20Un%20Trap%C3%A8ze%2C%20Alain%20Bashung" data-a2a-url="https://cahierscritiquesmusicales.com/blog/sur-un-trapeze-alain-bashung/" data-a2a-title="Sur Un Trapèze, Alain Bashung"></a></p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>La Nuit Je Mens, Alain Bashung</title>
		<link>https://cahierscritiquesmusicales.com/blog/la-nuit-je-mens-alain-bashung/</link>
					<comments>https://cahierscritiquesmusicales.com/blog/la-nuit-je-mens-alain-bashung/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[OldClaude]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Oct 2018 07:51:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Années 90]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[1998]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson Française]]></category>
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					<description><![CDATA[Après la très longue chronique consacrée récemment* à un titre de Fantaisie Militaire, chef-d&#8217;œuvre du regretté Alain Bashung, je voudrais me consacrer à une autre chanson tout à fait essentielle de cet album, puisque c&#8217;est celle qui lui a permis de toucher un assez large public. Si vous vous reportez donc, ce que je ne [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="ttr_start"></div>
<p>Après la très longue chronique consacrée récemment* à un titre de <em>Fantaisie</em> <em>Militaire</em>, chef-d&#8217;œuvre du regretté Alain Bashung, je voudrais me consacrer à une autre chanson tout à fait essentielle de cet album, puisque c&#8217;est celle qui lui a permis de toucher un assez large public.</p>
<p>Si vous vous reportez donc, ce que je ne saurais trop vous conseiller, à cette précédente chronique, vous verrez que la partie principale du travail de préparation de l&#8217;album (une année, tout de même !) a consisté en une confrontation amicale entre Jean Fauque et Alain Bashung, le premier apportant beaucoup de textes, et le second sabrant, coupant, charcutant, modifiant&#8230;</p>
<p>C&#8217;est à partir du premier vers, apporté par Fauque, «On m&#8217;a vu dans le Vercors» que la chanson va se construire, mais plutôt que d&#8217;essayer de trouver des significations cachées, à tel ou tel mot ou expression, souvent obscure du texte, il vaut mieux considérer qu&#8217;il s&#8217;agit ici, comme dans une grande partie de l&#8217;œuvre de Bashung, d&#8217;un travail sur les signifiants, et que la musique des mots y est plus importante que leur sens. Il n&#8217;en reste pas moins, en particulier si l&#8217;on se réfère à ce que Jean Fauque lui-même a pu en dire lors d&#8217;entretiens radiophoniques, que l&#8217;actualité de l&#8217;époque a joué un rôle important lors de l&#8217;élaboration de &#8220;La Nuit Je Mens&#8221; : le procès Papon avait débuté en 1997, René Bousquet avait été assassiné quelques années plus tôt, et je crois simplement qu&#8217;il ne s&#8217;agit, dans cette chanson que de susciter des images ou des évocations à propos du mensonge, justement, du double visage (le salaud derrière le masque du haut fonctionnaire intègre), du faux-semblant, de la tromperie, y compris dans le registre amoureux.</p>
<p>Quelques exemples : dès l&#8217;évocation du Vercors, haut lieu de la Résistance, le pseudo-héroïsme ludique du saut à l&#8217;élastique. Puis le texte poursuit dans cette voie où se stratifient des époques très éloignées, et en premier lieu la Rome antique (les amphores, les aqueducs&#8230;). Cependant, l&#8217;idée la plus importante de cette image est que le voleur d&#8217;amphores vole ce qui est déjà soustrait au regard de tout un chacun, puisque ces amphores sont immergées. « Histoire d&#8217;eau » comme le souligne le couplet suivant, sans qu&#8217;aucun commentateur n&#8217;ait fait remarquer que l&#8217;allophone dont cette expression dérive n&#8217;est autre que le superbe livre de Pauline Réage, <em>Histoire d&#8217;O (</em>1954) dont le sujet, comme chacun sait,  est celui de la soumission érotique d&#8217;une femme. Le  «T&#8217;accaparer seulement t&#8217;accaparer » est un rappel de cette idée.</p>
<p>Puisque nous sommes dans l&#8217;eau, il convient d&#8217;y rester, en y conviant ces murènes, poissons serpentiformes, dont l&#8217;apparence a de quoi glacer les sangs de quiconque n&#8217;est pas trop familier des bestioles sous-marines. « J&#8217;ai fait la cour à des murènes », et cette étrange occupation n&#8217;a pas, non plus, été au centre des nombreuses explications de texte que &#8220;La Nuit Je Mens&#8221; a fait surgir. Il existe, tout d&#8217;abord un rapport avec la Rome antique, strate temporelle présente dans le texte, au détour de certains mots, et qui prend sa source dans le <em>Satiricon</em> de Pétrone et dans les légendes qui racontent les habitudes de certains patriciens romains qui précipitaient leurs esclaves récalcitrants dans de grands aquariums où ils élevaient des murènes, afin qu&#8217;ils soient dévorés. Or les murènes ne méritent pas une réputation aussi horrible ; derrière un faciès assez effrayant se cache un poisson timide qui ne mord que s&#8217;il se sent attaqué, et beaucoup de plongeurs sous-marins ont réussi à apprivoiser des murènes qui venaient ensuite manger dans leur main. Il s&#8217;agit, là encore, du caractère fallacieux des apparences.</p>
<p>Et comment comprendre cette anaphore qui s&#8217;articule autour de la triple répétition (quadruple si l&#8217;on va chercher «J&#8217;ai fait la saison..») «J&#8217;ai fait la cour à des murènes J&#8217;ai fait l&#8217;amour, j&#8217;ai fait le mort» permise par l&#8217;allitération de la consonne &#8220;m&#8221;, sinon qu&#8217;elle s&#8217;appuie sur le faux-semblant « j&#8217;ai fait le mort », mensonge ultime dont la liaison avec les affirmations précédentes conduit également à en souligner leur fausseté ?</p>
<p>J&#8217;ai un peu plus de mal avec le couplet «Un jour au cirque&#8230;», mais certains ont pointé, à juste titre, que ce cirque venait également en droite ligne de l&#8217;Antiquité romaine. Peut-être aurait-il fallu poursuivre, et rappeler que le cirque était le lieu  où les spectateurs venaient se repaître de spectacles sanglants (combats de gladiateurs ou dévoration de condamnés par des animaux sauvages), façon  de mettre en exergue la cruauté qui préside aux rapports de séduction ? « Dresseur de loulous Dynamiteur d&#8217;aqueducs » est encore plus mystérieux, mais j&#8217;ai cependant l&#8217;intuition qu&#8217;il s&#8217;agit de cet « autre » qui a cherché à plaire à la femme à qui Bashung s&#8217;adresse. Certains ont avancé que les dynamiteurs d&#8217;aqueducs rassemblaient la strate romaine et celle de la Résistance. Même si ce n&#8217;est pas faux, je ne suis pas convaincu que l&#8217;on ait ainsi épuisé le sens de l&#8217;expression, car à quoi donc servaient les aqueducs dans le monde antique sinon à transporter et distribuer l&#8217;eau, signifié qui court tout au long de la chanson ? Le dynamiteur est-il celui qui empêche et détruit l&#8217;histoire d&#8217;eau dont il est question, l&#8217;histoire avec les murènes à qui l&#8217;on fait la cour, celle qui se passe à la station balnéaire, qui fait jaillir le geyser ?</p>
<p>Le « dresseur de loulous » est encore plus obscur sauf si l&#8217;on perçoit ce que cette épithète peut avoir de méprisant. Tout cela me fait penser que, comme dans &#8220;Angora&#8221;, il faut lui chercher des sources biographiques ; nous rentrons là dans des suppositions dont seul Alain Bashung, lui-même, possédait les clés.</p>
<p>En fin de compte, mais il ne s&#8217;agit que d&#8217;une hypothèse invérifiable, j&#8217;ai l&#8217;intuition que les deux chansons d&#8217;Alain Bashung que j&#8217;ai choisi de mettre en avant parmi toutes celles qui font la splendeur de <em>Fantaisie Militaire,</em> possèdent un substrat biographique à la fois évident et caché ; la séparation d&#8217;Alain Bashung d&#8217;avec la mère de son fils nourrit ce disque tout en préservant la nécessaire discrétion et la pudeur de l&#8217;auteur**. Cris de désespoir sublimés par la beauté de la musique, ces textes appartiennent, à n&#8217;en pas douter, aux plus belles expressions de la poésie française de ce siècle.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Alain Bashung - La nuit je mens" width="768" height="576" src="https://www.youtube.com/embed/0MYN8mAEKUo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>*Voir &#8220;Angora&#8221;, et merci encore à Bertrand Dicale dont le livret qui accompagne la réédition en coffret de l&#8217;album (2014) est une inépuisable mine de renseignements.</p>
<p>**Notons incidemment que c&#8217;est lors du tournage du (beau) clip de &#8220;La Nuit Je Mens&#8221; que Bashung rencontra sa future femme, Chloé Mons.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Angora, Alain Bashung</title>
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		<dc:creator><![CDATA[OldClaude]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Oct 2018 07:51:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Années 90]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[1998]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson Française]]></category>
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					<description><![CDATA[Ah ! Enfin ! Un disque français, en Français ! Et pas n&#8217;importe lequel, puisqu&#8217;il s&#8217;agit, selon moi, du plus grand de tous, dans cette catégorie. J&#8217;ajoute immédiatement que le concert du 26 octobre 2008 à La Cigale, quelques mois avant sa mort, a été l&#8217;un des plus beaux auxquels j&#8217;ai assisté, de toute ma [&#8230;]]]></description>
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<p>Ah ! Enfin ! Un disque français, en Français ! Et pas n&#8217;importe lequel, puisqu&#8217;il s&#8217;agit, selon moi, du plus grand de tous, dans cette catégorie. J&#8217;ajoute immédiatement que le concert du 26 octobre 2008 à La Cigale, quelques mois avant sa mort, a été l&#8217;un des plus beaux auxquels j&#8217;ai assisté, de toute ma vie. J&#8217;ai posé à côté de moi la réédition 2014 de <em>Fantaisie Militaire</em>, coffret dans lequel le disque original se voit augmenté de 2 disques supplémentaires qui contiennent les versions de travail des 12 chansons*.</p>
<p>C&#8217;est dès 1996 qu&#8217;Alain Bashung se met au travail avec son parolier habituel, Jean Fauque. Jean apporte les textes, beaucoup de textes, et Alain coupe, colle, souligne et déchire, sans rien dire, et en avançant sur plusieurs chansons à la fois. Il faut dire que Bashung ne va pas bien, à peine sorti de la clinique privée où il soignait sa dépression, après sa rupture avec sa deuxième épouse, Chantal, et éloigné de son fils, Arthur. Alain vit dans un petit appartement à Belleville. Repéré par les dealers, Bashung n&#8217;a d&#8217;autre solution que de se cloîtrer chez lui.</p>
<p>&#8220;La Nuit Je Mens&#8221; naît de cette façon, toujours le texte avant la musique. Ce travail va durer toute une année, sans qu&#8217;une seule note de musique soit écrite, et encore, &#8220;La Nuit Je Mens&#8221; et &#8220;Angora&#8221; mélangent leurs textes&#8230;</p>
<p>Anne Lamy va être chargée de la production exécutive du futur album, rendue difficile par l&#8217;exigence extrême du chanteur, lequel lui demande de lui trouver des &#8220;bidouilleurs&#8221;. Anne présente à Bashung le duo des Valentins, soit Édith Fambuena et Jean-Louis Piérot, et ça fonctionne , entre eux. Avec Jean-Louis, il discute des heures de l&#8217;album de Talk Talk, <em>Spirit Of Eden.</em></p>
<p>Est également appelé à la rescousse, un guitariste qui a travaillé avec Bashung quelques années auparavant, et qui l&#8217;aidait à réaliser ses maquettes, Richard Mortier.</p>
<p>Tout le monde hérite du même document : une bande, avec la voix d&#8217;Alain et quelques boucles mélodiques. Jean Lamoot, un ingénieur du son qui maîtrise le logiciel ProTools, ce que peu savaient faire à l&#8217;époque, sera également de la partie.</p>
<p>Anne retient le studio Antenna, place de Clichy, promptement investi par Lamoot, puis par les Valentins et Richard Mortier. Bashung occupe la cuisine avec le cuisinier, qu&#8217;il surnomme le duc de Guise, et s&#8217;en va dormir dans l&#8217;hôtel de passes miteux, en face du studio.</p>
<p>Jean Lamoot installe un système qui lui permet d&#8217;avoir 32 pistes sur ProTools, afin de réaliser les maquettes.</p>
<p>D&#8217;autres contributions arrivent, de Rodolphe Burger pour &#8220;Samuel Hall&#8221; ou de Jean-Marc Lederman pour &#8220;Ode À La Vie&#8221;.</p>
<p>Le travail se concentre sur une étroite collaboration entre Bashung et Jean Lamoot, même si Alain laisse beaucoup d&#8217;autonomie et de liberté à Jean. Bashung voulait un &#8220;bidouilleur&#8221;, et c&#8217;est exactement ce qu&#8217;il a trouvé avec Jean Lamoot.</p>
<p>Les Valentins réapparaissent. Bashung se débrouille pour laisser les gens travailler, tout en entendant ce qui se passe de tous les côtés, installé dans son quartier général, la cuisine. Quand ça lui plaît, il le fait savoir, et quand ça ne lui plaît pas, il dit qu&#8217;il n&#8217;est pas sûr ; tout le monde comprend.</p>
<p>Il faut quatre mois pour terminer les maquettes au studio Antenna, quasiment un budget d&#8217;album, et la maison de disques s&#8217;impatiente. Pour enregistrer le disque, ce sera au studio Miraval, dans le Var, et le producteur sera l&#8217;Anglais Ian Caple, qui a été responsable des enregistrements des Tindersticks ou de Tricky. Jean Lamoot est un peu désappointé, mais son expérience de ProTools le rend tout de même indispensable.</p>
<p>Lamoot s&#8217;entendra très bien avec Caple et avec les musiciens que ce dernier fera venir d&#8217;Angleterre, le bassiste Simon Edwards (qui a joué avec Talk Talk) et le batteur Martyn Barker. Les Valentins sont à Miraval, également ; l&#8217;ambiance, sous le soleil, est très détendue ; le cuisinier, ancien SDF, s&#8217;appelle Edgar, et Bashung et lui discutent beaucoup. <em>Fantaisie Militaire</em> lui sera dédié, car il mourra peu après la fin de l&#8217;enregistrement.</p>
<p>Ian Caple se couche tôt, mais les autres continuent le travail parfois jusque tard dans la nuit. Adrian Utley, guitariste de Portishead, est convié, mais Bashung ne l&#8217;apprécie guère et sa contribution à l&#8217;enregistrement est quasi-nulle.</p>
<p>Pour le mixage, l&#8217;équipe se déplace à Londres, où Alain enregistre ses voix ─ jamais plus de trois prises ─ ; on choisit de favoriser une parfaite lisibilité de la voix, un peu comme chez Léo Ferré (que Jean Fauque fait réécouter à Bashung). <em>Fantaisie Militaire</em>, porté par l&#8217;immense succès de &#8220;La Nuit Je Mens&#8221; connait une réussite critique et commerciale qu&#8217;Alain Bashung n&#8217;avait jamais rencontrée à ce niveau.</p>
<p>C&#8217;est pourtant de la chanson la plus dépouillée du disque, celle qui lui donne sa conclusion, dont je vais vous dire quelques mots, maintenant.</p>
<p>On l&#8217;a vu ci-dessus, le texte d'&#8221;Angora&#8221; est probablement la résultante d&#8217;un apport de Jean Fauque dont Alain Bashung n&#8217;a retenu que ce qui faisait sens, pour lui. Et ce sens s&#8217;appuie logiquement sur des détails biographiques qui sont, sauf erreur, les deux suivants : Angora était le nom d&#8217;un chat qui appartenait à Fauque, et le jeune fils de Bashung, Arthur, qu&#8217;Alain souffrait de ne pas voir du fait de la rupture avec la mère de celui-ci, était atteint d&#8217;asthme (le souffle coupé, la gorge irritée&#8230;).</p>
<p>Cependant d&#8217;autres éléments biographiques se dévoilent au fur et à mesure. Ainsi, (faucher les blés) peut faire penser à la locution populaire &#8220;fauché comme les blés&#8221; et nous rappeler que Bashung occupait, à cette époque un appartement bellevillois assez minable du fait de conditions économiques (dont nous ne savons rien) liées à son divorce.</p>
<p>L&#8217;allitération de la consonne &#8220;f&#8221; qu&#8217;on retrouve dans le mot &#8220;fourche&#8221; du vers suivant nous amène à questionner ce mot, qui au-delà de l&#8217;usage agricole, peut également évoquer une imagerie démonologique ou une inquiétante langue fourchue comme chez les serpents ou les personnes coupables de duplicité ou de mensonge. Est-ce lui-même que Bashung désigne en pointant cette duplicité ? Les vers qui suivent (Faire table rase du passé La discorde qu&#8217;on a semée À la surface des regrets) ne rendent pas l&#8217;hypothèse totalement irréaliste. D&#8217;autant plus qu&#8217;après ce qui me semble être l&#8217;évocation du fils (Le souffle coupé..) vient l&#8217;adresse à la femme perdue (Angora, montre-moi d&#8217;où vient la vie ), cette femme qui donne la direction, et dont l&#8217;absence fait de Bashung un &#8220;vaisseau maudit&#8221;, condamné à errer sans fin.</p>
<p>Arrêtons-nous un instant sur ce prénom animal qui devient celui de la femme perdue ; l&#8217;angora est une fourrure longue et douce, résultant d&#8217;une mutation dans certaines espèces animales (mouton, lapin, chat), donc d&#8217;une transformation un peu anormale. Chantal s&#8217;est-elle transformée pour devenir cette Angora qui n&#8217;est plus semblable à celle qu&#8217;Alain connaissait aux temps heureux ? D&#8217;où l&#8217;invite impérative (Sois la soie) qui implore qu&#8217;elle renonce à cette fourrure nouvelle pour retrouver un matériau très différent et encore plus doux : la soie. Surtout, Angora permet la paronomase avec &#8220;encore&#8221;, qui est probablement le mot important, pour Bashung.</p>
<p>Vient ensuite une notation apparemment écologique, à propos de ces &#8220;pluies acides [qui] décharnent les sapins&#8221;, avec l&#8217;accumulation de trois corps liquides ou semi-liquides : ces pluies (qui sont loin d&#8217;être bienfaisantes), la résine qui coule, dans les conditions que l&#8217;on sait, c&#8217;est-à-dire lorsque l&#8217;écorce est blessée ou entaillée, et le venin, substance dangereuse (sauf, il faut le noter, pour l&#8217;organisme qui le produit). Le &#8220;j&#8217;y peux rien&#8221; redoublé est curieux, comme si  ces &#8220;pluies acides&#8221; étaient l&#8217;œuvre du locuteur. J&#8217;avancerais l&#8217;idée que ces &#8220;pluies&#8221; métaphorisent des larmes contre lesquelles Alain Bashung ne &#8220;peux rien&#8221;. Lorsqu&#8217;il ajoute qu&#8217;il ne craint &#8220;plus la mandragore&#8221;, il faut se rappeler qu&#8217;il s&#8217;agissait de la plante qu&#8217;utilisaient les prétendues sorcières du Moyen-Âge pour jeter leur sort, et que plus d&#8217;une fut conduite au bûcher pour avoir simplement détenu de la mandragore.</p>
<p>Ainsi, pour résumer, mon hypothèse est que cette magnifique chanson qu&#8217;est &#8220;Angora&#8221; ─ et que Bashung avait l&#8217;habitude de chanter seul sur scène, avec sa guitare acoustique ─ mêle une supplique à son ex-femme, pour qu&#8217;elle lui revienne, une évocation de sa douleur, mais sans doute aussi de sa force nouvelle (il ne craint pas la &#8220;mandragore&#8221;, et elle aurait à se méfier de son &#8220;venin&#8221; qui s&#8217;agglutine).</p>
<p>La musique est au diapason de la force du texte, et l&#8217;interprétation d&#8217;Alain Bashung est d&#8217;une vérité peu banale. Ne dirait-on pas, lorsqu&#8217;il chante les deux derniers vers d'&#8221;Angora&#8221;, qu&#8217;il va laisser échapper un sanglot ?</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Alain Bashung - Angora" width="768" height="576" src="https://www.youtube.com/embed/fQ-wVZ7ybNs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>*Cette chronique s&#8217;appuie sur le livret qui accompagne le coffret en question, et qui est signé par Bertrand Dicale, ainsi que sur l&#8217;article de Christophe Conte, paru dans &#8220;Les Inrockuptibles&#8221; (10/2014).</p>
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		<title>Le Lien Défait, Jean-Louis Murat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[OldClaude]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Dec 2016 20:25:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Années 90]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[1991]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson Française]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Louis Murat]]></category>
		<category><![CDATA[Le Lien Défait]]></category>
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					<description><![CDATA[Les chansons chantées en français se comptant sur les doigts de la main, dans mon blog, ne ratez pas celle-ci, ma préférée de Jean-Louis Murat. Je me suis beaucoup intéressé à Murat pendant la période au cours de laquelle sont parus les albums &#8220;Cheyenne Autumn&#8221; et &#8220;Le Manteau De Pluie&#8221; (1989-1991), et c&#8217;est justement dans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="ttr_start"></div>
<p>Les chansons chantées en français se comptant sur les doigts de la main, dans mon blog, ne ratez pas celle-ci, ma préférée de Jean-Louis Murat.</p>
<p>Je me suis beaucoup intéressé à Murat pendant la période au cours de laquelle sont parus les albums &#8220;Cheyenne Autumn&#8221; et &#8220;Le Manteau De Pluie&#8221; (1989-1991), et c&#8217;est justement dans ce dernier album que figure &#8220;Le Lien Défait&#8221;.</p>
<p>Il s&#8217;agit de la période que je pourrais qualifier de &#8220;pop anglaise&#8221;, avec des guitares électriques prédominantes. Il a, par la suite, suivi une voie dont je ne nie pas la qualité, Murat étant un artiste dont je salue l&#8217;intégrité, mais qui m&#8217;a sans doute moins intéressé.</p>
<p>Revenons à cette splendide chanson. Je ne m&#8217;attarderai pas très longtemps sur le texte, sa signification, car celle-ci m&#8217;a toujours paru assez obscure. Mais peu importe, car les mots choisis, les rimes, les sonorités des syllabes, les tournures d&#8217;un archaïsme voulu, s&#8217;adaptent parfaitement à la musique, et l&#8217;enrichissent.</p>
<p>Pour ceux que le sens tarabuste, je vous renvoie à un article de Flo Réal, que j&#8217;ai trouvé sur Internet (05/2014) et qui s&#8217;engage dans une analyse très fine et très pertinente du texte lui-même.</p>
<p>Revenons à la musique, qui suit un schéma assez classique, en ce sens qu&#8217;elle profite des possibilités de la guitare électrique (tenue par Murat lui-même), avec des accords joués <em>piano, </em>lesquels construisent une phrase musicale qui va se développer tout au long des 6 minutes de la chanson, pour se résoudre dans un <em>forte</em> où seront mises à contribution plusieurs guitares, avec des sons transformés par des effets divers (distorsion, phasing&#8230;). La batterie, dont il faut souligner qu&#8217;elle est tenue par Neil Conti, musicien attitré de Prefab Sprout, ce qui montre bien l&#8217;ancrage stylistique de Murat, arrive discrètement au 2ème couplet, et va suivre  cette montée sonore d&#8217;une remarquable façon.</p>
<p>On pourrait croire que cette inflation instrumentale accompagne une inflation vocale parallèle. Il n&#8217;en est, heureusement, rien, et la voix de Murat, magnifiquement tenue et retenue, délivre une émotion sans pathos, toute au service de son texte et de la préciosité de ses quatrains, faisant de ce Lien Défait un des plus beaux poèmes musicaux de la chanson française.</p>
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