Donovan a 19 ans quand paraît Fairytale, son second album, que j’explore avec vous, d’un bout à l’autre. Et ce « Belated Forgiveness Plea » est déjà une chanson de nostalgie, un voyage vers un rivage déjà connu, pour savoir s’il ressent la même chose que lorsqu’il y était déjà venu ; mais, constate-t-il, les mouettes sont parties, et à cause de cette absence, la tristesse l’envahit ; un seul élément manque, et c’est comme s’il n’y avait plus rien.

J’ai toujours été étonné de l’existence de ce thème chez le jeune Donovan, alors qu’on s’attendrait plutôt, comme le font beaucoup de chanteurs de sa génération, à ce qu’il nous abreuve de chansons décrivant les joies et les tourments de l’amour. Mais il n’y a, sauf erreur, quasiment pas de chansons d’amour, sur Fairytale.

« Belated Forgiveness Plea » bénéficie d’un rythme à trois temps qui accentue l’omniprésente référence au passé ; rien d’autre, ici, que sa guitare et sa voix, mais c’est suffisant pour créer une ritournelle qui, un demi-siècle plus tard, déclenchera chez moi un sentiment voisin de celui qu’il exprimait alors.

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