Cette bouleversante chanson figure sur l’album Hokey Pokey qui est le deuxième qu’on peut attribuer conjointement à Richard et à son épouse Linda (née Peters), après le chef-d’œuvre inaugural, I Want To See The Bright Lights Tonight. Le couple signera en tout six albums, et il faut reconnaître que Hokey Pokey n’est pas une complète réussite*, ce qui s’explique par le fait que les Thompson étaient sur le point d’abandonner la musique pendant quelques années, pour rejoindre une communauté soufie.

Comme d’habitude, avec Richard ─ dont vous avez déjà pu lire sous ma plume que je le pare du titre de plus grand parolier anglais, ce qui n’est pas rien ─ il faut, bien entendu, attentivement scruter le texte de la chanson.

Richard était dans un grand désarroi ; et la maison dont avait besoin son cœur était celle qu’allait lui offrir Allah. Sauf que la chanson est essentiellement chantée par Linda, et assez merveilleusement, comme tout ce qu’elle interprète. On sait aujourd’hui que cette retraite à Maida Vale, dans cette communauté, n’a pas été une bonne expérience, pour elle. Regardez-la bien chanter, écoutez-la ; le « home » dont son cœur a besoin n’est pas le même que celui de Richard, et l’on pouvait déjà prévoir, à ce stade, comment tout cela allait finir, par la douloureuse séparation du couple, au moment de Shoot Out The Lights. Le seul « home » que le cœur de Linda attendait, c’était le cœur de Richard, son amour et sa protection. Voilà pourquoi cette chanson est une tragédie.

* »A Heart Needs A Home » et « Never Again » sont extraordinaires ; le reste est plus banal…

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