Mes lecteurs les plus attentifs sont déjà en train de se poser une question : « Pour quelle raison, OldClaude, qui explore méthodiquement chaque décennie en suivant un ordre chronologique, repart-il vers le passé en nous présentant une chanson parue en 2010, alors que la semaine dernière, son sujet concernait une chanson de 2012 ?»

C’est très simple ; j’ai découvert, l’année dernière, le groupe texan, Shearwater, en me procurant leur album « Jet Plane And Oxbow », qui était, tout de même leur dixième album studio ; j’ai immédiatement beaucoup apprécié cet album, sur lequel je reviendrai, au point que, lorsque j’ai pu avoir accès aux albums plus anciens, je n’ai pas hésité, et je suis capable de dire, aujourd’hui, que Shearwater fait partie de mes groupes préférés !

Et donc, en 2010, Shearwater a publié son 6ème album, « The Golden Archipelago », produit par le groupe et John Congleton, avec cette chanson, « Missing Islands ».

Shearwater s’est formé en 2001, à Austin (TX), à la suite de la collaboration de 2 membres d’Okkervil River, Jonathan Meiburg et Will Sheff, bientôt rejoints par Kim Burke, l’ex-épouse de Meiburg (basse) et Thor Harris (batterie), puis par le multi-instrumentaliste Howard Draper. Will Sheff quitte le groupe en 2005.

Ce qui frappe, quand on entend pour la première fois Shearwater, c’est l’intensité mélodramatique de la voix de Jonathan Meiburg, son lyrisme. Je ne peux m’empêcher d’évoquer Mark Hollis, chanteur de Talk Talk, dont Meiburg est un héritier très plausible.

Shearwater allie avec une science incomparable la grâce d’une chanson, et ce qu’il peut y avoir de grandiose dans celle-ci. Et ces deux pôles opposés arrivent à s’harmoniser pour former cette signature stylistique qu’on retrouve dans toute l’œuvre de Shearwater.

Preuve en est, donc, ce « Missing Islands », dernière chanson de l’album, et, il faut le reconnaître, assez différente des autres, dans laquelle Jonathan accompagne au piano une très belle mélodie, qui, comme chez Mark Hollis laisse beaucoup de place aux silences. L’intervention de cordes (synthétiques) lui donne encore plus de profondeur. Je le redis, ce groupe est, pour moi, une révélation.

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