Je viens de relire ma précédente chronique à propos de ce 40 Days, premier album des Wailin’ Jennys, ces trois jeunes femmes de Winnipeg (Manitoba), et je pourrais me contenter de la recopier à propos d' »Arlington », l’une des chansons composées et chantées par Nicky Mehta, la mezzo-soprano du groupe. Et vous pourriez d’ailleurs vous demander pour quelle raison je n’ai pas, comme d’habitude, publié « Arlington » à la suite de « One Voice ».

L’explication est simple : la version d' »Arlington » que je vous propose n’est pas celle de 40 Days, mais celle d’un album enregistré en public, The Wailin’ Jennys Live At The Mauch Chunk Opera House, leur troisième album. Cara Luft est partie après le 1er album, remplacée par Heather Masse ; la basse, les percussions, la batterie, le violon, la trompette, ont laissé la place à la guitare de Nicky, à l’accordéon de Ruth, à la contrebasse d’Heather, flanquées d’un multi-instrumentiste, Jeremy Penner, qui les accompagne ici au violon.

Il me paraît un peu difficile de nommer Nicky Mehta « chanteuse principale », tant les trois femmes sont sur un pied d’égalité, et entremêlent leurs voix jusqu’à n’en plus former qu’une. Je vous rappelle que cette perfection est le résultat de l’enregistrement de l’unique concert du 30 août 2008, et que rien n’a été enlevé ou rajouté à ce que vous entendez sur le disque. La qualité de la chanson et de son interprétation a quelque chose de surnaturel, propre à déclencher chez l’auditeur une sorte de « terreur sacrée », la sensation la plus rare et ultime que la musique puisse faire naître chez un être humain. Finir ce blog sur « Arlington », c’est comme planter un drapeau sur le sommet de l’Everest ; plus haut, ça n’existe pas…

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