Les Dutch Uncles ne viennent pas des Pays-Bas, mais de la grande banlieue de Manchester, et ce « Cadenza » qui figure sur leur 2ème album éponyme (le 1er n’ayant été distribué qu’en Allemagne) est un morceau très intéressant et très caractéristique de leur style. Je vous avoue que je n’ai pas réécouté tout l’album, mais j’en garde un bon souvenir, et les critiques, à l’époque, ont apprécié, même si personne n’en a parlé comme de la 8ème merveille du monde. C’est un peu le problème avec ces Dutch Uncles dont j’ai acheté l’album suivant : ils ont effectivement trouvé quelque chose d’original par rapport au tout-venant de la production, comme vous pourrez l’entendre dans ce Cadenza, mais ils en ont usé et abusé, au risque d’en faire un procédé, et, pour moi, l’affaire est pliée.

Sur quoi repose le fait que « Cadenza soit une bonne chanson ? Duncan Wallis, le chanteur, a une voix très haut perchée, et un jeu de piano en accords qui insiste beaucoup sur des signatures rythmiques complexes, assez particulières à ce groupe ; certains parlent de « math-rock »; je veux bien, mais c’est de nature à faire fuir tout le monde. Pourquoi ne pas dire plutôt que toute cette architecture un peu compliquée, avec une basse métronomique, une batterie très en avant et très « carrée » et une guitare qui reprend des clichés « funk » regarde de façon très appuyée vers le « dance-floor » ?

En fin de compte, j’aime beaucoup « Cadenza » parce qu’il résout la difficile équation d’être à la fois un morceau authentiquement pop, et un air qui vous fait bouger les épaules, les pieds, le bassin, qui vous fait danser, quoi !

Des enfants lointains et un peu mutants des Talking Heads de « Remain In Light ».*

 

 

___

*voir ma chronique de « Once In A Lifetime »

Print Friendly, PDF & Email