Vous me connaissez : il suffit qu’un album que j’aime soit descendu par la critique ou ne trouve pas son public pour que, tel un petit Zorro, je me précipite à son secours. C’est dans cet esprit que j’avais rédigé une première chronique pour ce quatrième album des Smashing Pumpkins, Adore*, et que je récidive avec « Daphne Descends ».

Mais je ne me facilite pas la tâche, dans la mesure où cette chanson est l’une des rares du disque à fédérer, comme précédemment, les très chevelus et très tatoués amateurs d’un hard-rock bruyant et sans pitié.

Et la première écoute vous mettra aux prises avec la voix de Corgan, un peu noyée dans le mix, peinant à se dégager d’un déluge de guitares distordues (ce qui ne diminue en rien les évidentes qualités mélodiques de James Iha, qui en est le responsable) propre à effaroucher la frange la plus délicate des lecteurs de ce blog**.

Petite digression : la majeure partie du hard-rock ou du rock metal, comme on veut l’appeler, fonctionne sur l’efficacité d’une structure mélodico-rythmique répétitive que l’on appelle un « riff »***. Or « Daphne Descends », même si elle se pare des oripeaux du « hard », cultive une qualité dont vous savez qu’elle est, pour moi, au premier plan de ce qui définit une chanson digne de ce nom, c’est-à-dire la mélodie. Derrière l’agression sonore, il y a quelque chose qu’on peut fredonner, quelque chose qui pourrait, sans être dénaturé, arrangé pour, par exemple, une voix et un piano, bref une vraie chanson. Et tout Adore en est rempli de ces choses-là, ce qui est la seule raison, je le répète, pour laquelle j’en fais l’œuvre la plus réussie des Smashing Pumpkins.

*Voir ma chronique de « Blank Page ».

**Attendez de voir ce que je vous ai concocté par ailleurs, cette semaine. C’est bien pire !

***Ce n’est plus une surprise, mais allez donc écouter le titre de Monster Magnet.

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