Quand paraît son premier album solo, It’s Heavy In Here, dans lequel on trouve cette chanson, Eric Matthews a 26 ans. Cet album sort dans une maison de disques américaine qui s’appelle Sub Pop, et qui édite la plupart des disques de “grunge” de l’époque, c’est-à-dire les groupes de Seattle comme Mudhoney, Soundgarden, et, bien entendu, Nirvana.

Eric Matthews déteste le “grunge”.

Il faut dire que le père d’Eric, musicien, jouait du rock très brutal dans les groupes de la région, pendant les années 60.

Eric détestait le rock. Il n’aimait que la musique classique. Tant et si bien qu’il apprit à jouer de la trompette, et à force de travail, il finit par intégrer un orchestre philharmonique.

En même temps, Eric avait mis de l’eau dans son vin ; il avait appris à apprécier les grands mélodistes de la pop, les Beatles, les Beach Boys, la pop anglaise des Smiths, des Cocteau Twins, de XTC. Mais il ne faut toujours pas lui parler de hard-rock.

L’Australien Richard Davies ayant besoin d’un arrangeur pour un projet musical, Eric prit tellement de place qu’ils sortirent ensemble un disque absolument splendide, en 1994, Cardinal.

L’association ne dura pas longtemps, et c’est donc la raison pour laquelle Eric commença une carrière solo. Et je peux vous dire que ce It’s Heavy In Here est l’un des meilleurs albums de cette décennie 90, fondant dans un creuset unique des influences venues du folk, de la pop, du jazz et de la musique classique.

Regardez la photo d’Eric sur la pochette : le garçon porte un costume, il est soigneusement coiffé, propre. C’est lui qui compose, écrit, orchestre, produit. C’est lui, rêve de sa vie, qui va diriger le petit orchestre symphonique qui vient rehausser ses splendides chansons.

Il va donc falloir que vous vous procuriez ce It’s Heavy In here, d’autant que j’ai choisi une simple “mise en bouche” pour vous le présenter, je veux dire une chanson sans orchestre, juste Eric, qui chante et joue du clavecin, et son frère, Wes, à la guitare acoustique. il n’empêche que ce “Faith To Clay” est d’une beauté renversante, et si je vous dis, en plus, qu’Eric Matthews a sorti quatre autres albums solo, après celui-ci, vous allez faire comme moi, vous mettre à acheter de la musique.*

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*Vous avez compris, depuis longtemps, je pense, que mon rapport à l’art musical n’a pas beaucoup changé depuis le siècle dernier. J’achète des disques (non, pas des 78 t, des cd !), parfois des fichiers audio encodés dans un format sans perte (flac) ; en revanche, je ne suis pas un adepte du “streaming”, et vous ne me surprendrez pas à avoir recours aux téléchargements illégaux et gratuits. Il faut que les artistes soient rémunérés, et correctement !

**Merci de ne me faire aucune remarque quant au clip vidéo qui illustre cette chanson. C’était ça ou rien !

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