Depuis ma première chronique concernant Anna Ternheim*, vous savez quelle place je réserve à cette Suédoise qui compose, écrit, joue, chante des chansons qui sont autant de joyaux : la plus haute.

Et cela, dès ce premier album, Somebody Outside, qui date de 2004, mais qui n’est arrivé en France qu’en 2006.**

Anna n’est pas qu’une chanteuse de folk de plus. Quand elle enregistre ce premier album, Anna a 25 ans, l’âge des espoirs, des découvertes. Et pourtant, ses textes et même sa musique le disent, Anna est beaucoup plus vieille. On dirait qu’elle a assimilé toutes les musiques, qu’elle a vécu toutes les désillusions, épuisé toutes les histoires d’amour. Elle renouvelle constamment sa façon d’aborder les richesses qui remplissent ses disques, parfois seule avec sa guitare, parfois avec un collaborateur, parfois avec un groupe, jamais le même. Je pense que si Ingmar Bergman était encore de ce monde, il la ferait tourner dans un de ses films, car Anna est chargée de ce mystère que le réalisateur aimait débusquer chez ses héroïnes.

Donc « My Secret » est l’une des dernières chansons de Somebody Outside, l’une des plus belles de ce disque, avec « Shoreline ». Anna est à la tête d’un groupe d’une dizaine de musiciens, et elle organise un crescendo orchestral parfaitement maîtrisé et d’une grande puissance émotionnelle.

Et on n’oubliera pas de comparer cette version de 2004 avec celle, épanouie et conquérante du Live in Stockholm de 2016.

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*voir « Black Light Shines ».

**Merci, Bernard Lenoir, d’avoir mis en avant « A French Love » dans ton émission si précieuse et hélas disparue, sur France Inter. C’est en effet sur ton antenne que j’ai eu la révélation d’Anna. Et, pendant que j’y suis, merci Hugo Cassavetti d’être l’un des rares, en France, à parler d’elle.

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