J’ai lu récemment une critique de Loney, Noir, le cd de Loney Dear, enregistré en 2005, et qui renferme cette jolie ritournelle, « I Am John ». La critique en question, parue sur un media francophone, comparait l’estimable Emil Svanängen avec rien moins que Sufjan Stevens. Mais oui, mon gars, un accordéon c’est exactement pareil que les grandes orgues de Notre-Dame-de-Paris, il y a des boutons et des touches, tout pareil.

Les choses étant remises à leur place, ce « I Am John » est un mini-tube, très réussi, emmené par le falsetto d’Emil. On a envie de chanter avec lui et sa choriste, d’autant que le rythme est entraînant et qu’il donne envie de taper dans ses mains.

Loney Dear emploie le même ─ j’ai failli écrire « procédé ─ outil stylistique que dans la chanson dont j’ai parlé la semaine dernière*, c’est-à-dire un crescendo construit sur l’ajout progressif de couches vocales et instrumentales autour d’un motif répétitif tournant autour d’une note fondamentale sur laquelle la chanson s’appuie, comme s’il s’agissait d’un « mantra » bouddhiste. Et ça fonctionne très bien parce que c’est fait très correctement, même si j’ai noté par ailleurs que la scène n’était peut-être pas le milieu dans lequel Emil s’épanouissait au mieux.

Mais ne boudons pas notre plaisir ; Loney Dear est un petit maître de la pop électro-acoustique, et il mérite, à ce titre, notre respect et notre admiration ; c’est pas comme ces critiques qui écrivent n’importe quoi.

*Voir ma chronique de « Carrying A Stone ».

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