Mesurant l’importance et la qualité de Fever Ray, même si ce genre de musique ne fait habituellement pas partie de celles que j’écoute préférentiellement, c’est vers le single choisi pour promouvoir l’album que je me tourne maintenant.

J’écrivais, dans l’autre chronique consacrée cette semaine à Fever Ray, que cette musique me procure le même plaisir frissonnant que celui que me donnent certains films d’horreur réussis. « If I Had A Heart » est construit autour d’une boucle de guitare acoustique « samplée »* et d’une pulsation rythmique monotone, soulignée par un orgue. Il y a chez Karin E. Dreijer une volonté manifeste de créer un spectacle total dans lequel la musique n’est qu’un élément parmi d’autres, au service d’une démarche artistique où s’additionnent les préoccupations politiques, sociales, sexuelles, dans une impressionnante cohérence. Il n’y a qu’à se reporter aux vidéos, surtout les plus récentes, qui documentent les apparitions scéniques de Fever Ray, groupe formé par cinq musiciennes qui accompagnent Karin Dreijer dans ce qu’il est parfois convenu de nommer une « performance ». Les vêtements, maquillages, attitudes, éclairages sont au service d’une démarche militante où prime la recherche de sens. Que l’on adhère, ou pas, à ce qui est ici revendiqué, on ne peut ignorer la force et la radicalité de la vision de Karin E. Dreijer.

*échantillonnée.

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