À cette époque, j’avais encore le teint frais et le mollet agile, et ce disque de Basement Jaxx, duo londonien (Simon Ratcliffe et Felix Buxton) de musique électronique, leur premier véritable album, Remedy, me donnait une furieuse envie de me trémousser.

Il y avait surtout cette chanson, « Jump N’ Shout », chantée ou plutôt parlée, rappée par un DJ britannique d’origine jamaïcaine, Slarta John (Mark James, à la ville). Les paroles étaient inscrites sur le livret qui accompagnait le cd, mais même avec ça je défie quiconque dont l’Anglais n’est pas la langue maternelle d’en comprendre le moindre mot, car il s’agit, en fait de créole jamaïcain, également nommé patwa, que Slarta John délivre à toute vitesse, avec un accent à couper au couteau, et en rigolant, le plus souvent, soutenu dans sa tâche par les cris (« shouts ») de son compère, Madman Swyli. Les « beats » et bruitages électroniques de Basement Jaxx forment l’accompagnement idéal de cette logorrhée rigolote et décontractée qu’on aimerait danser sous le soleil de la Jamaïque, en buvant du rhum, et, pour les amateurs, en fumant l’herbe appréciée de ce côté-ci de l’Atlantique, la ganja.

Je n’ai pas suivi la suite de la carrière de Basement Jaxx, mais Remedy est un disque qui, 20 ans plus tard, est encore capable de remplir le dance-floor, et de faire en sorte que les gens se sentent heureux. Quoi de plus important ?

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