« The Train » est la chanson qui ouvre Hat, le dixième album (ou plutôt mini-album, puisqu’il ne renferme que 6 titres) des Nits, et probablement l’un des plus riches, des plus précieux. J’ai déjà eu l’occasion d’affirmer que cette décennie 1985-1995 fut l' »âge d’or » du groupe, un quatuor formé du chanteur et guitariste Henk Hofstede, du claviériste Robert Jan Stips, de la contrebassiste Joke Geraets, et du batteur Rob Kloet. Ce disque, produit par le groupe,  en est donc une parfaite illustration, succédant à In The Dutch Mountains*.

« The Train », en particulier, nous fait rencontrer la musique de Hofstede dans ce qu’elle a de plus charmant, sans toutefois mettre de côté ce que la vie peut avoir de sombre ou d’éprouvant, mais d’une façon légère, suggérant des scènes, à peine dessinées, et sollicitant ainsi notre imagination. La musique est à l’unisson, adoptant une orchestration très simple, sans beaucoup de production. Le synthétiseur de Stips est là pour évoquer des ambiances sonores, des lieux ou des paysages, dans ce groupe qu’on pourrait presque ranger dans la catégorie des « musiques acoustiques », tant Robert Jan, Joke et Rob se mettent totalement au service de la guitare et de la voix de Henk. Cette « pop de chambre » dont on ne voit pas comment elle aurait pu naître ailleurs qu’en Europe représente un apport essentiel des Nits à la musique populaire, ce pour quoi nous ne les remercierons jamais assez.

*Voir ma chronique sur la chanson-titre de cet album

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