April était livré avec un « bonus disc » de quatre titres, sur lequel on trouvait donc une version « alternative » de « Tonight The Sky ». Quant à la version principale, envahie par des guitares distordues, oppressantes, mais néanmoins impressionnante de force, portée par le chant habité de Mark, son éclat sombre marque profondément le disque principal d’April.

Mais puisque j’ai choisi de vous parler de cette « Alt. Version », sachez que la guitare électrique y est ici beaucoup plus « apprivoisée », se contentant d’égrener les arpèges, laissant à Mark plus de latitude pour évoquer cet amour de jeunesse depuis longtemps perdu. Moins écrasante, moins longue que la version princeps, plus intimiste, laissant toute sa place au texte superbe de Mark*, c’est ma version préférée de « Tonight The Sky ». Certains ont, à son propos, évoqué la figure tutélaire de Neil Young, mais je trouve que ce genre de comparaison n’est pas de mise, s’appuyant simplement sur une guitare électrique à la manière de Crazy Horse. Non, bien loin de toute la mouvance « folk », Kozelek ne cesse d’approfondir le sillon original laissé par Red House Painters, le groupe de ses débuts, et demeure une voix unique dans le paysage musical de notre temps.

*N’ai-je pas, il y a déjà quelques temps, au risque de fâcher les admirateurs d’un célèbre Prix Nobel de Littérature, écrit que Mark Kozelek était le plus grand parolier américain ?

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