J’ai déjà dû vous confier le grand intérêt que je porte à la pop scandinave*. Sur son sommet brille l’incomparable talent de la Suédoise, Anna Ternheim. Vous ne serez donc pas étonné(e) si, à la question de savoir quel est le meilleur album de 2011**, je réponds « The Night Visitor » de la belle Anna. Enregistré à Nashville sous la direction de Matt Sweeney, cet album est d’une beauté absolue, de bout en bout, surtout si vous possédez la version luxe avec le cd « Live On The Porch », et le DVD.

Et brille d’un éclat particulier ce « Black Light Shines » (Anna à la guitare acoustique, Matt Sweeney, guitare électrique et guitare cordes nylon, Peter Townsend, percussion et Joey Miskulin, accordéon), chanson de séparation amoureuse (comme beaucoup de chansons de Mlle Ternheim, d’ailleurs), valse triste, mélancolie qu’éclaire la voix si pure et si droite d’Anna, libre de tout effet, tranchante comme la douleur et ne cédant à aucun apitoiement. C’est là que j’ai compris que les chansons tristes devaient être chantées comme s’il s’agissait de chansons joyeuses, sous peine de verser dans la mièvrerie et la complaisance.

J’ai passé une bonne partie de l’après-midi à regarder et écouter la dizaine de versions en public de « Black Light Shines » disponibles sur le Net, dont une enregistrée au Rival de Stockholm en 2012, avec une très vieille dame qui reprend le refrain avec elle (sa mère ?), et celle enregistrée le 23 février 2012 au Café de la Danse, à Paris, où j’étais à deux mètres d’elle…

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*voir ma chronique de « Have You Ever Said Goodbye ? »

**en fait, je l’ai classé meilleur album de 2012, car il est arrivé en France en janvier ; et puis, en 2011, il y avait de la concurrence (Bon Iver); en 2012, je vous assure, rien du tout !

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