« Cono » est l’une des plus belles chansons du Malien Salf Keita. Elle figure sur son premier album, enregistré à Paris, Soro, et lui vaudra, sinon la gloire ─ ne rêvons pas ! ─ du moins une large reconnaissance internationale.

Produit par le Sénégalais Ibrahima Sylla, les arrangements sont dus à François Bréant, et, spécialement pour ce titre, à Jean-Philippe Rykiel, lesquels ont su adapter l’âme mandingue de façon à toucher le public international. Les puristes parleront de trahison, mais avec ce genre d’albums qui inaugurera ce que l’on appellera bientôt la « world music », beaucoup de gens qui seraient passés à côté de cette magnifique musique de l’Afrique de l’Ouest (dont moi) ont pu y avoir accès, et peut-être, secondairement, aller vers des choses plus « authentiques ».

Les congas ─ bien que d’origine cubaine ─ nous transportent immédiatement en Afrique, tout comme les chœurs féminins, et on ne fera pas trop la fine bouche en se disant que la kora est jouée par un synthétiseur, car je trouve que les arrangements de Rykiel sont plutôt respectueux de l’environnement culturel de Salif Keita. Et puis, par dessus tout, plane cette voix inimitable, au service d’une somptueuse mélodie qui nous prouve, s’il en était besoin, que par-delà les civilisations et les océans, la beauté est universelle.

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