Quand vous faites de la pop-music, le problème n’est pas d’écrire et d’enregistrer la meilleure musique du monde, le problème est de le faire au bon moment. Et les quatre « lads » de Manchester, qui se préparait à devenir « Madchester », arrivaient juste sur les talons des Happy Mondays avec ce premier album, The Stone Roses, dont tous les Britanniques vous diront que c’est le « plus grand premier album anglais de tous les temps ».

Le chanteur Ian Brown et le guitariste John Squire, auteur et compositeur de toutes les chansons, augmentés du bassiste Mani (Gary Mounfield) et du batteur Reni (Alan Wren) avaient trouvé la formule magique qui connectait l’optimisme venu des 60’s, l’idéalisme révolutionnaire du punk et les nouveaux territoires de l' »acid house ». Il faut dire qu’ils avaient tapé dans le mille en choisissant, pour les produire, John Leckie, qu’on avait déjà rencontrés aux côtés de XTC*. Et ils avaient le « look » adéquat.

Pour ceux qui dormaient un peu à cette époque, je rappellerais simplement que les étés 1988 et 1989 sont entrés dans la légende sous les noms de Summers Of Love, en référence comme chacun sait au Summer Of Love originel de 1967. Le Second Summer Of Love, ça a été le début de la musique électronique, des « raves », de l’ecstasy, de l’Hacienda, à Manchester. Si ça ne vous dit toujours rien, je ne peux pas grand chose pour vous.

Pour en revenir aux Stone Roses, ce qui caractérise « Don’t Stop », c’est qu’il est entièrement composé avec des fragments de la chanson précédente, qui s’appelle « Waterfall », mais passés à l’envers, et, bien sûr, avec des paroles différentes ; ceux qui écouteront d’abord « Waterfall » comprendront ce que je veux dire.

Cinq ans plus tard, un autre groupe cristallisera ainsi parfaitement les attentes de la jeunesse prolétarienne anglaise : Oasis. Mais ceci est une autre histoire.

*et qui produira plus tard, par exemple, The Bends (Radiohead)

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