Si vous me suivez depuis quelques temps, vous avez, je l’espère, lu les trois chroniques que j’ai déjà consacré à Sufjan Stevens*. Et vous connaissez mon avis sur cet Américain, né en 1975, à Detroit (Mi) : le plus grand musicien vivant ; le seul incontestable génie musical du XXIème siècle. On ne pourra pas dire que je cultive l’ambiguïté.

M’étant ainsi exposé, il m’est difficile de reculer, et il faut que je vous raconte comment s’est faite ma découverte de Sufjan.

J’avais ignoré ses deux premiers albums et, sur la foi d’une bonne critique lue dans un magazine, j’avais acheté le cd “Sufjan Stevens presents…Greetings From Michigan The Great Lake State”.

Pochette ou boîtier du cd orné de dessins de faune et de flore, semblables à ceux que l’on pouvait trouver dans les anciens livres scolaires. Les paroles des chansons. Une carte de l’état du Michigan. Les noms et les fonctions des musiciens, où l’on s’aperçoit que Sufjan joue d’une vingtaine d’instruments et qu’il s’est seulement fait aider pour les chœurs et les cuivres. L’enregistrement a été réalisé dans beaucoup de lieux différents, des appartements, essentiellement.

Je démarre l’écoute du cd, tout en feuilletant un magazine. Pas mal. C’est pas juste un type qui gratte sa guitare en chantant des airs qu’on a l’impression d’avoir entendu cent fois, ailleurs. Je tourne les pages de mon magazine. C’est déjà une bonne chose de n’avoir pas acheté un disque inutile. Arrive la 7ème plage du cd ; je lève la tête ; mon magazine me tombe des mains. Qu’est-ce que c’est que ça ? Avez-vous déjà ressenti cette sensation unique d’être confronté à une beauté qui vous dépasse et qui vous cloue sur place, parce qu’elle outrepasse, qu’elle déborde votre capacité à la contenir, un peu comme si, dans l’éponge qui vous sert de cerveau, il fallait faire rentrer toute l’eau du lac Michigan ? Tâche impossible, à l’évidence ; mais debout, les bras ballants, j’ai simplement pu me dire : « Voilà l’une des plus belles chansons du monde. »

“Holland”, donc. La petite ville sur la rive orientale du lac Michigan où Sufjan a fait ses études, au Hope College, et où il a commencé à jouer dans un groupe.

“Holland”. La guitare, le piano qui distille des notes jouées avec un doigt. Et la voix de Sufjan, cette voix à la limite du murmure, à la limite de la cassure, à la limite des larmes, cette voix qui se remémore un été amoureux, à jamais disparu.

Le cor anglais avec lequel Sufjan conclut en mineur cet air sublime qui n’a fait qu’hésiter entre les modes majeur et mineur.

La magie de cette chanson qui dit tout avec presque rien.

 

Vous avez peut-être l’impression que je suis un peu exalté. En tous cas, mon enthousiasme de missionnaire va me conduire à vous offrir un petit cadeau propre à faire croître sans doute pas au niveau déraisonnable qui est le mien ; tous les goûts sont dans la nature la connaissance, et je n’en doute pas, l’admiration que vous portez à Sufjan Stevens.

Vous trouverez ci-après une liste des dix plus belles ballades de Sufjan. Je ne devrais pas, car vous n’allez plus écouter que ça. Mais tout le monde fait des erreurs, n’est-ce-pas ?

1.       The Seer’s Tower

2.      John, My Beloved

3.      Holland

4.      To Be Alone With You

5.      John Wayne Gacy, Jr

6.      All Of Me Wants All Of You

7.      Seven Swans

8.     Concerning The UFO Sightings Near Highland, Illinois

9.      Futile Devices

10.  The Only Thing

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*”Barcarola“, “Vesuvius“, “All Delighted People“.

 

 

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