Tout le monde connaît l’histoire : Keith Richards se réveille, un beau matin, dans un hôtel, pendant une tournée, rembobine la cassette insérée dans son enregistreur, entend un riff de guitare, suivi par 40 mn de ronflements. Une petite note manuscrite, sur sa table de nuit, indique : « I can’t get no satisfaction » (tiré de Thirty Days de Chuck Berry). Quant au riff, il lui rappelle celui de « Dancing In The Streets » de Martha & The Vandellas.

Des paroles sont écrites par Mick et Keith autour de la piscine du Fort Harrison Hotel, Clearwater, Tampa Bay, Floride, le 5 mai 1965.

Keith n’est pas du tout certain du potentiel de la chanson, et un premier enregistrement est réalisé le 10 mai aux studios Chess de Chicago, avec Brian à l’harmonica.

Mais les choses sérieuses se feront le surlendemain aux studios RCA d’Hollywood, avec Andrew à la production et Dave Hassinger à la console ; la séance se termine le 13 mai au soir. Keith pense que le riff doit être joué par des cuivres (un peu comme ce que fera Otis Redding, plus tard). Et il y eut un vote pour déterminer si le titre devait sortir en « single » ; Bill Wyman, Charlie Watts, Brian Jones, Ian Stewart, Hassinger, Oldham votèrent pour. Mick et Keith votèrent contre !

Le fameux son de distorsion de la guitare de Keith fut obtenu avec une Gibson Maestro Fuzzbox. Brian joue une guitare acoustique, un peu perdue au fond du mix, et un peu plus audible sur les versions stéréo ; Jack Nitzsche agite l’essentiel tambourin.

Pour la première fois, ce furent les Américains qui eurent la primeur du single, le 5 juin, et qui eurent droit, en juillet, à ce que le titre figure sur leur édition de « Out Of Our Heads ». Les Anglais, fâchés, durent attendre le 20 août. Pour la France, je ne suis pas certain des dates exactes, mais je crois que le 45 t 2-titres est sorti en juillet, et l’EP 4-titres (le format le plus vendu, en France à cette époque), en septembre.

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