Great Lake Swimmers fait partie des groupes dont j’ai scrupuleusement suivi la carrière, étape par étape depuis leur tout premier album de 2003, jusqu’à ce splendide 8ème album, The Waves, The Wake.

Basés à Toronto, Great Lake Swimmers est en fait un collectif qui entoure la personnalité de Tony Dekker, auteur, compositeur et interprète de la plupart des chansons du groupe. Si on consulte le livret qui accompagne The Waves, The Wake, on voit ainsi que l’instrumentation et les instrumentistes changent au fil des 12 chansons, sans pour autant que se perde une unité stylistique et sonore dont sont garants Tony et son coproducteur, Chris Stringer.

 » Mouth Of Flames » rassemble ainsi autour du chant de Dekker, les guitares de Kevin Kane, la contrebasse de Bret Higgins, le violoncelle de Mike Olsen et le piano de Tim Crabtree. Il n’y a pas de batterie. Il faut noter que la plupart des titres ont été enregistrés dans une église, comme on peut le voir sur les vidéos YouTube consacrées à l’album.

Que de chemin parcouru par Tony et ses ami(e)s depuis le folk des premiers albums ! Sans perdre leur âme, Great Lake Swimmers a évolué vers une musique d’une richesse et d’une puissance qui en font l’un des groupes majeurs de l’alt-folk canadien. »Mouth Of Flames » puise probablement une partie de son inspiration dans le Up (1998) de R.E.M., mais c’est un hommage mérité, et la chanson impressionne par son arrangement, son texte sombre, lyrique, la qualité de sa mélodie, grandiose. Il faut également saluer la voix de Tony, qui, même avec des possibilités limitées a su développer un « instrument » d’une expressivité, d’une délicatesse, d’une richesse émotionnelle, remarquables. L’un des plus grands albums de 2018.

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