Voilà le genre de chansons qu’il faut attentivement surveiller de peur qu’elle ne commette une infraction au code de la route. Elle me semble, en effet, dangereusement proche d’une ligne continue qu’il ne faut franchir sous aucun prétexte : celle qui sépare le romantisme exacerbé du mauvais goût caractérisé.

Depuis son très beau premier album*, je m’intéressais aux œuvres de Rey Villalobos, qui se cache (bien mal) derrière ce nom de groupe, et House of Wolves est son troisième album. Apparemment ce garçon à la voix androgyne ne s’est pas mis au hard-rock, mais il cultive un rameau musical issu du tronc Roy Orbison, une sorte de mise en beauté du spleen adolescent, d’adoration de l’émotion pure, d’exhibitionnisme de la souffrance, surtout lorsqu’elle est soulignée par un quatuor à cordes et de grands panoramiques du vent soufflant sur la lande ou la mer démontée.

Notre ami applique à la lettre l’exhortation du vicomte de Chateaubriand : «Levez-vous vite, orages désirés…», mais attention, cher Rey, du sublime au ridicule, du grandiose au pompier**, de Chopin à Richard Clayderman, le chemin est parfois très court. Take care.

*Voir ma chronique de « 50’s ».

**Voir ma chronique sur la chanson de Within Temptation, « Ice Queen »

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