Lorsqu’en 2006, je me suis procuré Mr. Beast, le cinquième album du groupe écossais Mogwai, j’arrivais en terrain inconnu, car je ne connaissais pas le groupe, ni son œuvre. Depuis cette date, j’ai suivi d’un peu plus près la carrière de Mogwai, mais sans jamais être pleinement convaincu par leurs albums plus récents. J’aurais dû m’intéresser aux albums plus anciens, d’autant que les connaisseurs proclament haut et fort que, par exemple, leur Young Team (1997) est d’une bien meilleure qualité que tout ce qui a suivi.

Quoi qu’il en soit, Mr. Beast me semblait, il y a une douzaine d’années être une belle réussite, et cet “Auto Rock” qui débute l’album était suffisamment intéressant pour faire l’objet d’une de mes chroniques.

Un orgue Hammond, à l’arrière-plan, joue quelques accords avant que n’intervienne le piano de Barry Burns qui expose une phrase répétitive, laquelle au fur et à mesure se trouve entourée, cernée devrait-on dire par une batterie très martiale, des synthétiseurs, des guitares saturées. Mais le piano se défend bien et tout ce beau monde se dirige vers un fortissimo final.

Il s’agit donc d’un instrumental, ce qui est assez rare dans mes chroniques, et, au-delà des quelques notes bien trouvées de cette phrase musicale, que trouve-t-on dans “Auto Rock” ? Aujourd’hui, j’aurais envie de répondre : pas grand chose. Le morceau ne va nulle part, et se contente d’accumuler, comme une grosse boule de neige qui dévalerait une pente. Rien d’indigne, mais ceux et celles qui me disent que j’aurais pu m’en passer n’ont pas complètement tort. Les goûts évoluent, je deviens plus sévère avec l’âge, je vous laisse le choix.

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