Terrible chanson, d’une force et d’une tristesse insondables. Le Casimir Pulaski Day est un jour férié spécifique à l’Illinois et en particulier à Chicago, qui honore le souvenir d’un héros polonais de la Guerre d’Indépendance. Et c’est le jour de la mort d’un amour de jeunesse de Sufjan, atteinte d’un cancer des os.
Il faut donc là aussi se confronter à ce texte magnifique, que je ne me risque pas à traduire*, de peur de trahir le respect et la délicatesse avec lesquels Sufjan nous raconte cette histoire. Sufjan interroge également, avec sa foi chrétienne , ce que signifie cette perte, et ce qu’elle va questionner dans son rapport avec la divinité.

« Tuesday night at the Bible study
We lift our hands and pray over your body
But nothing ever happens »**

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…« In the morning when you finally go
And the nurse runs in with her head hung low
And the cardinal*** hits the window »

Il y a ce terrible vers final : « And He takes and He takes and He takes ».
Remarquez simplement l’intelligence avec laquelle les instruments participent à ce deuil et à cette interrogation métaphysique. Peu de choses, une guitare, une voix féminine qui double Sufjan à certains moments, puis un banjo qui prend peu à peu une place prépondérante. Lorsque les voix humaines s’arrêtent ce sont alors les trompettes qui prennent leur place, et puis un orgue, tout à la fin, quand on apprend sa mort. Puis tout s’arrête et laisse la place à cet accord d’orgue qui se poursuivra jusqu’à la fin de la chanson. Tout est dit.

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*voir ma chronique de “John Wayne Gacy, Jr”.

**C’est moi qui souligne.

***le cardinal est un petit passereau d’Amérique, d’une belle couleur rouge. Sur l’un des dessins du livret qui accompagne le cd, on peut le voir, perché sur la tête du banjo de Sufjan.

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