« Love Will Tear Us Apart » est à peine une chanson ; c’est un hymne, un drapeau, un marqueur générationnel et culturel, le symbole d’un mal de vivre dont la seule issue est la mort.

LWTUA est entrée dans nos vies en juin 1980, un mois après le suicide de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division, lequel, tiraillé entre sa femme, Deborah et sa nouvelle rencontre avec Annik Honoré a fini par se laisser submerger par la dépression qui l’envahissait depuis des années. Sur la pierre tombale de Curtis, sa femme a fait graver ce titre de chanson.

Quelle étrangeté que cette chanson ! Le rythme en est martial mais l’air en est plutôt guilleret avec cet orgue aigrelet ; cependant c’est la voix de Ian et les paroles terribles qu’il prononce avec sa voix grave et monotone qui en donnent le vrai ton.

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Inutile de vous dire que ça ne s’est pas vendu ; d’ailleurs, à part en Angleterre, qui s’intéressait à Joy Division ? Ce n’est que petit à petit que c’est devenu cet hymne propre à rassembler tous ces gens nés à l’aube des 60’s, et qui se reconnaissaient dans la tragédie de Ian Curtis.

LWTUA est ainsi devenue une chanson reprise par une multitude d’artistes, New Order, bien sûr, mais aussi The Cure, Nouvelle Vague, Nada Surf, Simple Minds, Nick Cave, Arcade Fire, Susanna and the Magical Orchestra, je n’en cite que quelques uns.

José González est l’auteur d’une de mes reprises préférées de LWTUA, que l’on trouve sur son Australian Tour EP. Armé de sa seule guitare à cordes nylon, je le trouve plus proche que beaucoup d’autres de l’esprit de la composition de Ian Curtis. Il en garde le rythme sautillant, la voix blanche, cette sensation de danser au bord d’un précipice qui fait tout le prix de l’héritage de Joy Division.

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