J’ai eu l’occasion, dans ce blog, de faire un survol assez complet de la carrière de l’Anglais Ben Christophers*, et je vais terminer par le commencement, puisque My Beautiful Demon est le titre du premier album de Ben, produit par David Kosten (qui fait également de la musique sous le nom de Faultline).

La chanson éponyme, qui ouvre l’album, est l’une des plus connues de Ben ; c’est la fameuse chanson-préférée-de-Françoise-Hardy, et il en existe une version en duo, Ben et Françoise, parue sur un album de la Française. Il faut dire que, pour un coup d’essai, il s’agit d’un coup de maître, tant ce titre est réussi ; l’instrumentation, les arrangements et la production, et, par-dessus tout, la voix de Ben, installent une atmosphère très personnelle, et d’une grande maturité, pour un premier disque.

Les critiques que j’ai pu lire ont cité diverses influences (Thom Yorke, Jeff Buckley, The Blue Nile), mais je préfère retenir les deux artistes dont Ben se revendique : Talk Talk et David Sylvian, qui me semblent, en effet, bien plus proches de l’esprit de Christophers.

« My Beautiful Demon » fait cohabiter la guitare de Ben avec un violoncelle, et surtout avec des claviers électroniques qui sculptent une matière sonore faite de grésillements et de crachotements, une électronique féline, douce et qui sait ronronner, mais capable également de griffer. À l’arrière-plan, une voix féminine et un échantillon (sample) tiré du volume 2 du Mystère Des Voix Bulgares.

Très bien, très chic, et le reste de l’album vient confirmer le talent de ce jeune homme dont je rappelle tout de même que la carrière s’est interrompue après la sortie de son cinquième album, en 2010, pour cause d’insuccès chronique. Il met maintenant son talent au service d’autres artistes.

*Voir mes chroniques de « Martian », River Song » et « The Stream ».

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