Autant être franc : je ne suis pas, pour des raisons que vous me permettrez de ne pas détailler, un inconditionnel de Joni Mitchell. Mais, cette chanson !…

Joni l’a écrite en 1967, à 24 ans, mais la première version enregistrée est celle de Judy Collins*. Joni, elle, l’a enregistrée pour son deuxième album, Clouds (celui avec le bel autoportrait sur la pochette), et c’est, à l’évidence, la meilleure version qui existe, même si, pardonnez-moi, je n’ai pas écouté l’intégralité des quelques mille deux cents reprises qui en ont été faites.

Même si ce qui suit n’intéressera pas la plupart d’entre vous, il faut rappeler que Joni Mitchell a contracté la poliomyélite quand elle avait 9 ans**, et que les séquelles de celle-ci avaient eu une influence sur sa dextérité manuelle. Elle a pourtant réussi à devenir une guitariste d’un très haut niveau, mais en développant une technique personnelle par l’utilisation intensive des « open chords »***.

Les paroles de la chanson**** lui ont été inspirées par la lecture d’un livre de Saul Bellow, Le Faiseur de Pluie (1959), alors qu’elle était en avion.

Comme je l’écrivais plus haut, si vous ne devez connaître qu’une seule version de « Both Sides, Now », c’est celle de 1969, ou de manière générale, celles que Joni a interprétées dans la décennie qui a suivi. Mais je n’aime pas la version ralentie et très orchestrée qu’elle en a donné sur l’album Both Sides Now (2000). Cela dit, il y a un millier d’autres versions ; plus vous écouterez « Both Sides, Now », mieux ce sera.

*suivie par celle de Dave Van Ronk.

**Comme Neil Young, comme Donovan, et bien d’autres, en ces temps où le vaccin n’existait pas.

***accordage non standard. Pour « Both Sides, Now, qui est en Fa# majeur, la notation est la suivante : E-B-E-G#-B-E, avec capodastre sur la 2ème case.

****Qui a été souvent reprise sous le titre « Clouds » ; quant à l’abandon de la virgule, après « sides », c’est à l’initiative de Judy Collins.

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