C’est en mars 1966, exactement au moment où Gene Clark quitte le groupe, et donc, à mon humble avis, lorsque débute leur déclin, artistique et commercial que paraît le single « Eight Miles High ».

Écrit par Clark, Crosby et Mc Guinn, l’inspiration leur en est venue lors du voyage en avion préludant à leur tournée britannique d’août 1965, dont on sait que les Byrds gardent un souvenir très mitigé !

Cependant, l’ensemble des radios américaines refusent de diffuser « Eight Miles High », sous le prétexte que la chanson serait une apologie des drogues psychédéliques, du type LSD25 ce qui n’est d’ailleurs pas complètement faux, comme le reconnaîtra Crosby, quelques années plus tard.

Une première version est enregistrée dans les studios RCA* ; mais Columbia la refuse, et c’est donc la version enregistrée dans les studios Columbia, produite par Allen Stanton, qui est la plus diffusée et qui sera intégrée à l’album « Fifth Dimension », qui paraît en juillet 1966.

La musique est très influencée par les cassettes que les Byrds écoutaient dans leur bus de tournée, en particulier Ravi Shankar et John Coltrane.

La basse de Hillmann introduit la chanson, qui passe tout de suite sous la domination de la Rickenbacker-12 cordes de Mc Guinn, lequel, sous l’influence des musiciens cités plus haut, va se lancer dans un chorus censé imiter le phrasé du saxophone de Coltrane ; et le résultat est tout simplement renversant, au point même que les rares DJ qui n’avaient pas souscrit au bannissement du single, à cause de ses paroles prétendument pro-drogues, vont le mettre de côté du fait de sa construction très anti-commerciale !

La mélodie, magnifique, est soutenue par les voix extraordinaires des trois chanteurs, et je me souviens encore du choc artistique qu’a représenté cette chanson, en 1966. Je n’arrêtais pas d’écouter « Eight Miles High », et, c’est, pour moi, la plus grande chanson des Byrds. Le ciel appartenait aux Byrds… 

__________________________________________________________________

*Je ne la connais pas ; il paraît que c’est la meilleure et on la trouve sur la réédition Legacy de « Fifth Dimension ».

Print Friendly, PDF & Email