Encore une chanson « coup de poing » découverte sur April. Le texte, comme c’est souvent le cas chez Kozelek, suggère plus qu’il n’explique, et il n’est pas impossible que j’en dénature le sens. Cependant, je comprends que Mark arrive chez sa petite amie, dans sa chambre peinte d’une couleur « bleu héron » et qu’il la trouve morte, probablement suicidée.

Mark chante ces paroles sans larmoyer, la tristesse étant chez lui un état habituel. La monotonie et la répétitivité lui vont bien, et l’on comprend qu’il n’est pas prêt à modifier en quoi que ce soit cet arpège qu’il déroule inlassablement, comme si le temps qui passe ne pouvait avoir aucune fonction d’apaisement de sa douleur ; c’est ce qui donne cette impression que les chansons de Sun Kil Moon n’ont ni début, ni fin. Cela peut paraître insupportable à certains, mais n’est-il pas plus conforme à la réalité que certaines musiques nous remettent ainsi devant l’évidence qu’il n’existe aucune échappatoire ?

« Heron Blue » a souvent été interprétée sur scène, même si on peut tout à fait se contenter de la version princeps d‘April.

Je signale donc, pour les complétistes, la version du Live At Union Chapel & Södra Teatern, celle du Live At Lincoln Hall, celle du film On Tour, celle de Live At Phoenix Public House Melbourne, et enfin une version studio (avec batterie) écartée lors de l’enregistrement d’April, et qui se trouve sur le Nights LP.

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