Les deux précédentes semaines, j’avais commencé l’exploration de cet indispensable Grand Prix en m’attachant à mettre en avant les compositions de Raymond McGinley, le guitariste soliste de Teenage Fanclub*.

Nous allons monter d’un cran. Ou peut-être plus, car qui pourrait évaluer la distance qui sépare le talent du génie ?

Norman Blake mérite bien souvent cette dernière épithète, toute galvaudée qu’elle soit, et il n’y a qu’à écouter “Mellow Doubt” pour s’en persuader, et pour apprécier ce qui sépare les deux chansons mémorables de Raymond de l’inoubliable composition de Norman.

Blake écrit des chansons dont l’évidence s’impose, et, au risque de me répéter, des chansons dont la simplicité mélodique leur permettra, tout comme les comptines enfantines, de traverser les siècles. “Mellow Doubt” est une épure, une musique de laquelle tout ce qui est superflu, inutile, a été retiré, ce qui est le moyen le plus sûr de se rapprocher de la perfection. On m’objectera qu’il existe des pop-songs parfaites qui ne dédaignent pas la richesse ou l’ornementation, “A Day In The Life” des Beatles, ou “Good Vibrations” des Beach Boys, parmi bien d’autres. Je veux bien ; mais le style de Norman Blake, évidemment bien différent de celui des artistes précités, lui permet d’atteindre un résultat d’une valeur approchante, avec une économie de moyens remarquable, et qui touche très directement.

La guitare acoustique, et son riff d’où toute sophistication est bannie, la voix de Norman, humble, et dont la production ne gomme pas les fragilités, l’arrivée de la section rythmique qui, elle aussi, fonctionne à l’économie ; et le coup de génie du chorus, simplement siffloté ! C’est tout, et c’est immense.

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*voir mes chroniques de “About You” et de “Verisimilitude”.

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