C’est très ennuyeux. Voilà ce qui est, pour moi, l’une des plus belles chansons jamais écrites et interprétées, quelque chose que je range immédiatement dans ma rubrique « crème de la crème » qui rassemble, vous le savez, ce qui se fait de mieux parmi les centaines de chansons que j’ai rassemblées pour vous les présenter.

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer The Milk And Honey Band*, mais cet album, The Secret Life Of The Milk And Honey Band, leur premier chez Ape Records, est sans doute leur chef-d’œuvre, au sommet duquel scintille ce diamant, « Sold My Star ».

The Milk And Honey Band est le projet du chanteur-compositeur-multi-instrumentiste Robert White, musicien basé à Brighton, et qui, après avoir été signé par Ape Records, la maison de disques fondée par notre ami Andy Partridge (XTC), s’entoura de deux autres musiciens, Richard Yale et Michael Tubb, pour réaliser quatre albums, dans la première décennie de ce siècle.

Le souci dont je faisais part dès le début de cette chronique, c’est qu’il n’y a plus aucune trace de ce magnifique album, ni chez Ape Records, ni chez aucun des marchands en ligne, ou peut-être en occasion, à des tarifs prohibitifs. Et il n’existe aucune vidéo de la chanson, ni sur YouTube, ni ailleurs. Cela dit, il semblerait (sous toutes réserves) que Bandcamp vous permette de télécharger (moyennant finances) l’album. N’hésitez surtout pas à le faire.

À l’heure où on réédite à tour de bras ─ et en vinyle, parce que ça se vend beaucoup plus cher ─ n’importe quelle bouse musicale, il serait temps que l’on réfléchisse à tous ces disques « perdus », parce qu’ils proviennent d’obscures maisons de disques, et non de « majors ».

Un mot quand même sur ce à côté de quoi vous risquez de passer si vous n’allez pas plus loin que la lecture de cette page : « Sold My Star » est une sorte de fusée à deux étages ; il y a d’abord un couplet qui installe une ambiance plutôt Beach Boys avec une batterie qui propulse un rythme apportant une dose de sensualité bienvenue à ce qui pourrait, dans le cas contraire, frôler la mièvrerie. La modulation intrigue, et indique une piste un peu divergente. Le second étage se met à feu et c’est l’entrée dans un refrain inouï, comme si, soudainement, un rideau s’ouvrait pour dévoiler un trésor. Quelques notes de guitare électrique, et on revient au premier étage, et puis ça redécolle une nouvelle fois, après l’intervention de la guitare électrique.

« When you’re in the sand when the sunlight burns your hands and you never ever ever learned to walk before you ran maybe your tin cans could just cut right through this sand cos I sold my sold my sold my star and I really need a hand »

Et ça pourrait ne jamais s’arrêter.

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*Voir mes chroniques de « That Ain’t Right » et « High Wire ».

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